Le projet

LANCEMENT : 17 février

Un projet nous trotte méchamment dans la tête depuis un moment : proposer des récits autographiques sur des vécus invisibles, oubliés ou rejetés.

Ce qui ne se dit pas n’existe pas.

En automne 2011, durant ses études en Finlande, Po écrit un long essai sur sa situation instable et incertaine et sa recherche d’identité entre sa famille, ses origines, sa sexualité et son genre, son passé, son présent et ce que la société lui propose comme futur et ce qu’elle comptait faire pour en obtenir plus. Un essai avec une argumentation d’une part théorique car dans le cadre académique, et d’autre part personnelle car se basant sur sa propre expérience. Ce fut la première fois qu’elle coucha des mots sur ce qu’elle vivait. Une histoire qu’elle ne racontait pas car elle ne connaissait personne qui pourrait réellement comprendre son vécu mais elle avait désormais envie d’en parler pour inciter d’autres à en faire de même. De plus, féministe et militante LGBTQI, elle était confrontée au manque de représentation de toute la diversité qui transparaît dans les approches et revendications. Il était dur de trouver sa place, de le raconter, et de le faire entendre. Un sentiment d’invisibilité et la conviction que ce qui ne se dit pas n’existe pas.

Pluralité

De son côté,  du fait de ses études pluridisciplinaires et de son parcours dans l’édition,  Laura s’est intéressée à la littérature française et étrangère, et à la place de l’identité dans celle-ci. Entre historicité tronquée et oeuvres méconnues, elle rédigea plusieurs critiques littéraires liées aux débats sociaux d’aujourd’hui. Sans jamais trouver  ce à quoi s’identifier, elle, femme noire  au cœur d’un métissage culturel, elle s’évertua à enrichir la pluralité de sa personne par diverses rencontres et voyages en Europe.

Expériences personnelles au bout des lèvres

C’est au cœur de la rencontre, au cours de leur année d’études en Finlande, que Pauline et Laura échangèrent sur leurs expériences personnelles et sur leur volonté commune d’offrir un espace safe où exprimer la pluralité des identités, elles qui échappent à tout cloisonnement délibérément imposé par autrui.

Notre projet se nomme « Au Bout des Lèvres » car bien souvent, ces récits de vie on veut les crier, parfois les pleurer, mais ils restent trop souvent ravalés. Parce que la plume est parfois trop lourde, il est temps de les saisir au vol, armés de nos claviers, et de les encrer sur nos indifférences pour laisser une trace sur les interfaces. Sans prétention, nous souhaitons proposer un lieu où recueillir ces morceaux de vie restés dans l’ombre et les partager avec vous.

Notre but est de mettre en lumière ces situations rendues invisibles, décrédibilisées, sujettes à des discriminations. Notre parti pris est de proposer une modeste place dans une démarche intersectionnelle et d’inviter à lire les voix inaudibles dans l’espace public.

Nous avons l’espoir que ce projet inspirera une réflexion, un questionnement sur les privilèges et les discriminations, l’universalité et l’isolement, les dominations et les oppressions, et une invitation à tenter de quitter un instant sa propre expérience pour laisser place autant que possible à celle de l’autre, au moins le temps d’une lecture. Cet échange ne peut être rendu possible que si chacun·e de nous décide d’offrir un instant de silence à la pleine voix de l’autre.

Lisons

Po & Laura

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